Bague-allonge ou multiplicateur de focale?

par Photo Solution

par Jean-François Landry

Ils se ressemblent beaucoup, du moins physiquement parlant, mais leur utilisation en fait deux membres à part de la communauté photographique. On pourrait presque parler de jumeaux non identiques.

La bague-allonge

La bague-allonge (ou tube allonge) n’est ni plus ni moins qu’un tube vide, dépourvu d’éléments optiques, qui s’intercale entre le boîtier et l’objectif. Le but est d’éloigner l’objectif du capteur d’images afin d’outrepasser la distance de mise au point minimum d’un groupe optique. Plus la bague-allonge est longue, plus vous pourrez vous rapprocher de votre sujet; vous obtiendrez donc un meilleur « grandissement » ou, si vous préférez, un sujet qui remplit mieux le cadre du viseur. En soit, cela ressemble beaucoup à une version simplifiée des soufflets professionnels qui font les délices des « macrophotographes » fortunés.

D’une épaisseur de 7 mm à 50 mm, on les retrouve chez les fabricants d’optiques et chez les « tierces » compagnies. Il faut savoir qu’étant donné l’absence de lentille à l’intérieur d’une bague-allonge, la qualité n’a pas grande importance. Alors, tant que les contacts (mécaniques et/ou électroniques) assurant l’autofocus et l’ouverture du diaphragme font acte de présence, la marque importe peu. Bien sûr, rien en ce monde n’étant parfait, à l’utilisation, on constate une perte en luminosité : plus le tube est long, plus la baisse de lumière sera grande. Mais, après tout, ce n’est qu’un demi-mal.

Pour profiter pleinement du gain en grandissement, il est préférable d’utiliser des objectifs à courte focale : 35 mm et 50 mm. On sait d’expérience que plus la focale est longue, plus la mise au point minimum est distante. L’adjonction d’une bague-allonge sur un zoom 70-200 se fera beaucoup moins sentir. Les objectifs grand-angles ne se présentent pas non plus comme de bons candidats : pour atteindre le meilleur grandissement, le sujet devrait être déposé sur le verre frontal de l’objectif!

Le multiplicateur de focale (ou convertisseur)

Cette fois-ci, le tube est bel et bien garni de lentilles, et son but est d’augmenter la longueur focale, donc la puissance de l’optique. Un convertisseur de 1,4x augmente la longueur focale de 40 %; un objectif de 200 mm aura la puissance d’un 280 mm. Un 2x doublera la puissance de l’optique sur laquelle il est monté : un objectif 70-200 mm deviendra un 140-400 mm.

Mais comme rien n’est gratuit en ce bas monde, le multiplicateur vient affublé d’inconvénients : une dégradation de la qualité optique (plus ou moins sévère selon la gamme de produits auquel appartient le convertisseur) et une perte de lumière majeure. On perd un plein « stop » de diaphragme si l’on utilise un multiplicateur de 1,4x et deux « stops » (soit quatre fois la lumière ambiante!) avec un multiplicateur 2x. Cette perte de lumière est significative, et plusieurs boîtiers amateurs refuseront même d’effectuer la mise au point une fois le convertisseur mis en place. 

Voilà. D’un côté, les plaisirs; de l’autre, les contraintes. Et c’est à cause de ces contraintes qu’un objectif de 50 mm équipé d’une bague-allonge de 50 mm ne pourra jamais prendre la place d’un 100 mm f/2,8 Macro, et qu’un 70-200 mm f/2,8 muni d’un multiplicateur de focale de 2x ne peut rivaliser avec un 100-400 mm f/5,6. Alors, on y gagne quoi? Le gain est monétaire, presque uniquement. Mais c’est souvent une raison plus que suffisante.

Cet article a été publié dans l’édition de décembre/janvier 2010 de Photo Solution

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