Foule

par Photo Solution

Signé par le duo de photographes Atwood, Foule est un projet multidisciplinaire alliant photographie, murale, vidéoprojection et numérique qui vise à explorer les liens qu’entretiennent un théâtre et sa communauté. Déployé en plein air sur l’édifice entier du théâtre La Bordée (superficie de 2 880 pieds carrés), au coeur de la ville de Québec, Foule nous regarde de ses 20 visages, maintenant illuminés depuis octobre jusqu’au printemps prochain.

De jour, la murale gigantesque, où figurent 20 portraits de citoyen.ne.s du quartier de la Cité-Limoilou, célèbre la diversité et la résilience de cette collectivité. De nuit, une projection évolutive superpose des citations tirées de pièces à chaque visage, révélant la part de théâtre vécu au quotidien.

À cette création physique s’ajoute une plateforme en ligne où il est possible d’en apprendre davantage sur chaque citoyen.ne, grâce à de courts essais littéraires signés par Éric LeBlanc mettant en lumière leurs enjeux intimes et leur humanité. En plus d’une exposition en plein air dans la ville, un podcast sera également disponible, où ces membres du public rencontreront des artistes ayant participé.e.s aux pièces auxquelles il.elle.s sont lié.e.s, afin de rassembler des points de vues personnels et artistiques sur un même sujet.

Afin de véritablement fédérer tout un quartier autour de cette oeuvre, Atwood et La Bordée se sont associé à nombre d’organismes de Québec. Projet citoyen, collectif et écoresponsable, il ouvrira la porte à plusieurs collaborations pour que l’art, les mots et la communauté se rencontrent.

Au final, Foule cherche à illuminer les ponts qui existent entre le quotidien et l’art. Avec sa forme tentaculaire, ce projet veut montrer que chacun.e fait partie de la foule à sa manière, contribuant à la richesse de sa société.

La démarche artistique derrière le projet

Atwood travaille le portrait solo, faisant le pari du dépouillement pour diriger l’attention sur la beauté singulière de chaque individu. L’esthétique épurée, le fond uni et le traitement monochrome minimisent les distractions visuelles pour mettre le sujet en valeur et faire ressortir l’histoire que son visage raconte. La recherche aspire à capturer une émotion vraie chez celle ou celui qui se trouve devant la caméra, pour qu’en une image, on puisse comprendre un pan large de sa personnalité.

Les projets d’Atwood s’attachent également à des réalités variées ou atypiques afin de les mettre en lumière, rendant hommage à la richesse de la communauté. Du même coup, ils espèrent rappeler que, peu importe son vécu, chacune et chacun partage plus d’atomes crochus qu’on le pense. En contrepoint de ce besoin de vérité, les oeuvres d’Atwood exigent souvent des mises en scène méticuleusement réfléchies, dans un élan pour exacerber cette part de fiction que toutes et tous se bâtissent pour s’adapter en société.

Le choix de la photographie comme moyen d’expression s’est imposé de lui-même, puisqu’il capture des éléments issus du réel et les remanie à travers le cadrage subjectif du photographe. La démarche d’Atwood prend également en compte la taille des oeuvres, défiant les attentes que se fait le public face à une photo pour l’amener à regarder attentivement, à approfondir chaque détail. Le duo Bolduc-LeBlanc se situe ainsi à contre-courant de cette propension contemporaine à consommer des images comme du fast-food pour plutôt encourager à s’attarder, à réfléchir.

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