Lozeau : 90 ans au coeur de la photographie

par Photo Solution


[dropcap]L[/dropcap]e magasin de la rue St-Hubert souligne cette année 90 ans passés au service des photographes montréalais. Nous avons contacté M. Stéphane Lozeau-Simard, vice-président et directeur du développement de l’entreprise, pour qu’il nous parle de son point de vue unique sur la photographie et le marché de l’imagerie.
90 ans au coeur de l’image
Fondée en 1927 par Léo Laurent Lozeau sur la rue St-Hubert à Montréal, l’entreprise se spécialise d’abord en photographie de mariage. Dès 1940, Léo Laurent Lozeau et son épouse élargissent l’éventail de services de leur petite entreprise et ajoutent la vente d’appareils photo à leurs services de finition de photos. L’entreprise délaisse finalement la finition pour se concentrer sur la vente d’appareils en 1964, au moment où Lise Lozeau, la fille du fondateur, se joint à l’entreprise familiale.
Aujourd’hui, c’est la troisième génération de la famille Lozeau qui a pris les rênes du magasin qui se fait un devoir d’anticiper les besoins de ses clients et de demeurer à la fine pointe des technologies de l’image. En 2017, avec sa superficie de 36 000 pieds carrés, Lozeau représente la plus grande surface de vente en produits photographiques au Québec, dirigée par une équipe de plus de 170 personnes entièrement vouées au service de sa clientèle.

Aujourd’hui, c’est la troisième génération de la famille Lozeau qui a pris les rênes du magasin qui se fait un devoir d’anticiper les besoins de ses clients et de demeurer à la fine pointe des technologies de l’image.

Le présent conjugué au futur
Selon Stéphane Lozeau-Simard, la clé du succès réside dans la recherche constante, l’essai et erreur et aussi beaucoup d’échanges et de colloques pour déceler les tangentes technologiques. Le succès des 90 dernières années est également explicable par l’approche client ainsi que par la grande diversité de produits et services de Lozeau.
Ce passionné de l’imagerie et des technologies a pratiquement grandit dans le magasin ce qui lui donne une position privilégiée pour observer l’évolution du marché de la photographie au cours des dernières décennies. Il observe : « La photographie est passée du tout au tout depuis 1927, à l’époque de mon grand-père. Nous sommes partis des appareils en bois, où un film représentait une photo. Il y a eu ensuite une évolution rapide vers la pellicule, mais la plus grande révolution a commencé avec le numérique. »

Beaucoup de gens recommencent à s’équiper pour pousser leur pratique de la photographie au-delà du cellulaire. La photographie est en plein essor.

Il poursuit : « Depuis environ 1993, l’évolution est exponentielle. L’industrie de la photographie a eu peur un certain temps avec l’arrivée des cellulaires, mais c’est devenu une réalité. Et l’évolution de la photographie et du vidéo est loin d’être terminée avec entre autre la venue des drones. Pour moi, c’est comme si on était à l’étape de la maternelle en photographie. Les gens apprennent à faire de la photo. Ils découvrent qu’ils aiment tellement « prendre » des photos qu’ils voudraient éventuellement « faire » de la photo. Beaucoup de gens recommencent à s’équiper pour pousser leur pratique de la photographie au-delà du cellulaire. La photographie est en plein essor. »
L’entreprise qui répond aux besoins des photographes depuis 90 ans a dû bien sûr s’adapter à tous ces changements afin de demeurer compétitive. Lorsque nous lui avons demandé « C’est quoi être photographe en 2017? » Stéphane Lozeau-Simard répond en soulignant la complexité du marché actuel. « Être photographe professionnel aujourd’hui c’est très complexe. Évidemment il y énormément de gens qui prennent des photos, des gens qui s’improvisent photographes, mais un certain ménage s’est fait naturellement avec la demande pour des images de qualité. De notre côté, c’est là que nous devons offrir une expertise extrêmement poussée. Google répond pratiquement à toutes les questions, on doit pouvoir offrir des réponses immédiates adaptées aux photographes professionnels. »
Le magasin, qui se targue d’offrir le plus grand inventaire au Canada, prend également soin des amateurs. « En ce qui concerne les « grands tripeux de la photo », on doit être présents pour les informer, pour les épauler. On doit leur en donner plus que jamais. Les clients demandent de plus en plus d’informations et la guerre des ventes web nous force à continuer d’offrir une réponse rapide et efficace. »
Photographie ou imagerie
Ce qui le fascine le plus dans la technologie disponible en ce moment : la vitesse. Il observe que les avancées technologiques sont en décalage avec les besoins et les demandes des consommateurs d’aujourd’hui. Il est également passionné par la robotisation et les drones, mais souligne que l’humain demeure toujours au centre de chaque technologie. « La robotisation de la chaîne de production en studio va évoluer énormément dans les prochaines années, mais nous aurons toujours besoin d’un opérateur. L’avantage de la robotisation, c’est la fluidité et l’accessibilité. Dans un studio, on peut maintenant avoir 10-12 appareils photo pour beaucoup moins cher qu’auparavant; je dirais jusqu’à 50% du prix pour trois fois la qualité. »
Dans 10, Lozeau pourra célébrer fièrement son centième anniversaire comme entreprise dédiée à l’imagerie, un exploit. Mais qui sait ce que la technologie nous réserve dans ce laps de temps qui est pourtant assez court? Selon Séphane Lozeau-Simard : « Dans 10 ans, on se fera bombarder d’images. Tout se fera grâce à l’imagerie. Il y a des caméras partout, beaucoup plus que ce qu’on pense. Les gens oublient que tous les capteurs de mouvement font aussi partie de l’imagerie. Tous les comportements sont enregistrés. Reste à voir comment l’humain va gérer tout ça. »
Il poursuit : « La qualité de l’image évolue aussi énormément. Nous en sommes déjà au 8K, qui est plus que du 3D… quand on regarde une télévision 8K on a l’impression que ce qu’on voit va nous toucher! Ça va être terrible le cinéma dans 10 ans! Par contre, certaines technologies sont décalées par rapport aux autres. Dans le cas du 4K, du 8K ou du 16K par exemple, on est capable de faire les technologies pour les capter et les médias pour les lire, mais on ne peut pas les diffuser encore. Il y a donc des technologies que nous avons en magasin, mais que nous ne poussons pas nécessairement; la clientèle n’est tout simplement pas rendue là. On essaie de vendre ce dont les gens ont besoin. »
 

Léo Laurent Lozeau derrière l’appareil.

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