Recomposer la ville / Spaces for Agency

par Photo Solution

© Isabelle Hayeur Day Trading (série Nuits américaines), 2006 Jet d’encre sur papier polyester, monté sur aluminium avec traitement UV Ink jet prin on polyester mounted on aluminium with UV traitement Édition 5/5 109 x 165 cm (43″ x 65″)

© Isabelle Hayeur / Day Trading (série Nuits américaines), 2006,  Jet d’encre sur papier polyester, monté sur aluminium avec traitement UV, Édition 5/5, 109 x 165 cm (43″ x 65″)


[dropcap]L[/dropcap]a Galerie Hugues Charbonneau de Montréal entame l’année 2017 avec une exposition collective, présentée du 25 janvier au 4 mars, qui réunit Isabelle Hayeur, Maria Hupfield, David Lafrance et Alain Paiement. Recomposer la ville / Spaces for Agency souhaite interroger les notions de « public » et de « collectif » dans l’espace urbain. Elle se veut une occasion de réfléchir de manière critique et différente sur les célébrations qui entourent le 375e anniversaire de Montréal.
Sans être exclusifs à notre métropole, nos questionnements englobent : l’occupation de la ville et du territoire urbain; les pouvoirs en place; les stratégies citoyennes de résistance et d’engagement; les implications du vivre ensemble – voire de sa possibilité dans certains contextes politiques actuels. Les œuvres se présentent selon deux axes où, d’un côté, les artistes réimaginent la topographie de la ville et où, de l’autre, ils et elles invitent à penser de quelles façons l’on peut se réapproprier culturellement et socialement son environnement. Ces axes qui s’entrecroisent dans la galerie permettent peut-être d’apercevoir le potentiel politique que les œuvres et les lieux de l’art peuvent signifier dans leurs communautés immédiates.
Isabelle Hayeur propose deux œuvres composites. La photographie Day Trading (2006) montre le chantier d’un édifice à la fonction ambiguë et, en fait, factice puisqu’il est entièrement obtenu par manipulation digitale. La vidéo Pulse (2015), inspirée par la grève étudiante du printemps 2015 à Montréal et les luttes sociales qui s’y rattachent, rassemble une myriade d’images trouvées ou captées par l’artiste qui y dénonce les mesures d’austérité néolibérales et l’effritement des libertés politiques. Maria Hupfield, quant à elle, expose la video Survival and Other Acts of Defiance (2011) dans laquelle elle apparaît sautant sur place, en boucle, infiniment. Renforcée par le son des grelots en étain qui ornent ses bottes, elle y affirme fortement sa présence de femme autochtone en constante (re)négociation avec son environnement. Au sol, un large X métallique invite les visiteuses et visiteurs à se joindre à elle.
David Lafrance présente des sculptures de bois polychromes issues de sa série Places publiques (2016). Ces projets d’urbanisme imaginaires suggèrent une envergure et un éclat qui se voient paradoxalement troublés par de ternes éclaboussures ou par l’apposition de croquis botaniques disproportionnés sur leur surface. Enfin, Alain Paiement nous offre une nouvelle œuvre photographique de grand format, Voisinage contextuel (2016), dans laquelle il fait abstraction de la carte fonctionnelle de Montréal et réduit le macro au micro. Il suspend le rapport pratique à l’espace de la ville pour plutôt la recomposer selon les humains qui l’habitent et l’animent collectivement au quotidien.
 
 

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